Le profil de l’innovateur

Le profil de l’innovateur

La pierre angulaire de l’innovation est le « pionnier » ou innovateur. A l’origine, le pionnier est considéré comme un déviant. Il prend des risques pour élaborer un nouveau produit ou une organisation nouvelle. S’il échoue, il subira une sanction de la part de l’ordre établi. S’il réussit, il peut espérer être récompensé dans l’ordre futur.

Le processus de développement de l’innovation

Le pionnier a comme caractéristique d’être étranger au monde dans lequel il se trouve. Il souffre souvent d’un déficit de socialisation. Enfin, il est congruent. Il reste insensible aux jugements portés sur ses idées, insensible aux normes sociales.

L’innovation ne répond pas uniquement à un intérêt économique. Pour le pionnier, il s’agit plutôt d’espoir de reconnaissance sociale s’il réussit. De plus, pour que l’innovation se développe, il faudra qu’elle rencontre un terrain favorable : conditions juridiques, politiques, culturelles…

Le réseau comme vecteur de l’innovation

Comment l’étranger, tel que nous avons défini le pionnier, peut-il arriver à « faire passer » sa différence ?

Il travaille en étroite collaboration avec son réseau. Le réseau s’étend au-delà des frontières de l’organisation/entreprise dans laquelle s’ inscrit le pionnier. Il est plus ou moins clandestin, ou du moins informel. Le réseau est un système d’échange et n’a pas d’existence indépendante de son efficacité. Là aussi, ce n’est pas la seule variable économique qui régit les échanges. Le réseau fonctionne sur le principe du don-contre-don [BRONISLAW MALINOWSKI – Les argonautes du Pacifique Occidental], beaucoup plus souple, mais aussi plus engageant que la pure logique économique.

Ce mécanisme, mis en évidence par B. Malinowski, et expliqué par Mauss repose sur trois actions : donner – recevoir – rendre, qui représentent les fondements de l’échange social. Il place les acteurs dans une situation de réciprocité, d’endettement les uns vis-à-vis des autres. Enfin il ne s’agit pas seulement de 2 personnes, mais d’une chaîne de personnes, par qui transite le don. La compréhension de ce mécanisme prend une dimension tout à fait intéressante à l’heure des réseaux sociaux sur Internet. Il occupe une place importante dans la diffusion de l’innovation.

Innovation et prise de décision

L’innovation ne se décrète pas. Ainsi, le manager n’est pas à priori l’innovateur. Il peut solliciter l’innovation, la faciliter. Mais il ne peut la décréter.

Au sein de l’organisation, le manager décide. Or l’analyse du processus de décision au sein des entreprises montre deux choses :

  • la plupart des décisions s’appuient sur des croyances normatives
  • l’efficacité des décisions prises est rarement mesurée

Les investissements consentis pour la prise de décision sont énormes. En revanche, une fois la décision prise, les budgets consacrés à améliorer la décision restent dérisoires.

L’innovation est au cœur de la stratégie des entreprises. Il revient au manager de favoriser ce processus d’innovation. Il le fera au travers de son management et, en particulier, dans sa façon d’accueillir les idées nouvelles, de les aider à se déployer. Il le fera aussi dans la façon dont il en jugera les résultats, positifs ou non.

Le décideur, qui n’est pas nécessairement l’innovateur, joue un rôle clé dans la capacité de l’entreprise à innover

Extraits de la conférence de Norbert Alter, professeur des Universités – donnée lors de l’Evènement Marketing de Product Managers

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